“On a tous dans l’cœur le ticket pour Liverpool
Sortie de scène hélicoptère pour échapper à la foule
Excuse-me Sir moi j’entends plus Big Ben qui sonne
Les scarabées bourdonnent c’est la folie à London...”.

Chef d’œuvre de phrasé et de substance pour évoquer la phénoménale ascension des Quatre Garçons dans le Vent, ce couplet, en même temps que son jeune compositeur-interprète, la France le découvre en 1977.
Cette année-là, porté par les mots d’Alain Souchon à qui il a déjà offert quelque temps auparavant mélodies et arrangements avec le bonheur que l’on sait (“J’ai dix ans”, “Bidon” et la quasi totalité de l’album “Jamais content”), Laurent Voulzy entre sous les soleils des projecteurs et signe avec “Rockcollection” (cinq millions d’exemplaires vendus à travers le monde) le premier tube d’un parcours aussi clair que ses harmonies vocales et les accords de sa guitare Rickenbacker.
Une carrière de chanteur pop et populaire qui, à son allure tranquille, célèbre en 2002 son quart de siècle et révèle, fort d’une (nouvelle) Victoire de la Musique pour “Avril”, le tout dernier opus du Bopper en larmes, que la source “fraternelle” Souchon-Voulzy ne s’est pas tarie.
Les Nuits de Champagne avaient déjà eu l’honneur et le plaisir d’inviter “la Souche” lors de la Corrida Sentimentale qui l’avait uni en 2000 à Francis Cabrel. Restait à accueillir Laurent Voulzy pour non seulement mieux comprendre la magie d’une collaboration sans précédent dans l’histoire de la chanson française, mais aussi, voire surtout, pour s’ouvrir, à l’image des influences et de l’œuvre de ce Guadeloupéen d’origine, sur un océan musical qui ne saurait se réduire à l’héritage pourtant considérable des Beatles.
Des rythmes afro-cubains à la musique celte (le tambour Gwo Ka et la cornemuse le font frissonner des pieds à la tête), de la magie polyphonique des Musiques Anciennes (Josquin Desprez est son compositeur de chevet) au cultissime Magma (il est l’ami d’enfance du charismatique Christian Vander), du Brésil de Baden Powell (l’un de ses grands émois guitaristiques et la bossa nova à jamais dans ses veines) à une chanson française qu’il estime et qui lui ressemble... Pour le quinzième anniversaire des Nuits de Champagne, Laurent Voulzy a le “chœur grenadine” et signe un programme à son image, sorte de “rêves du pêcheur” comme autant de trucs qui lui collent encore au cœur et au corps et qu’il nous invite à vivre éveillés avec lui.