L'âme d'un festival à histoires

Créé à l’initiative des collectivités locales en 1988, Le festival Nuits de Champagne s’était fixé pour objectif de départ la réunion six jours durant des grands noms de la culture contemporaine, dans les domaines artistiques aussi divers que l’art lyrique, la chanson, le jazz, le rock, le théâtre ou encore l’humour.

Depuis 1993, l’art choral est venu, d’une façon spectaculaire, se joindre à la fête et, loin de l’empilage systématique de têtes d’affiche d’une jungle foisonnante d’évènements nationaux et européens, l’idée que la ville de Troyes pouvait avec originalité, convivialité et modestie devenir la terre d’élection d’un développement de la culture de la chanson commença à prendre forme.

Un festival qui, en quelque sorte, pris son essor autour de la voix et qui, petit à petit, avec l’aide précieuse et toujours actuelle de Jean-Michel Boris (40 ans directeur artistique de l’Olympia !), a trouvé la sienne : " donner de la voix " et surtout une ville aux auteurs-compositeurs et à leurs interprètes.

1993 : Etienne Roda-Gil
1994 : Maxime Le Forestier
1995 : Luc Plamondon-Michel Berger
1996 : Serge Gainsbourg-Juliette Gréco
1997 : William Sheller rock’n Schubert
1998 : Nougaro débouche ses Nuits de Champagne
1999 : Musiques Métisses avec Julien Clerc
2000 : Corrida Sentimentale avec Alain Souchon et Francis Cabrel
2001 : Charles Aznavour présente Swings de bohème
2002 : Chœur Grenadine avec Laurent Voulzy
2003 : Renaud Rebelle de Nuits

Avec l’auteur-compositeur invité, l’équipe du festival choisit donc chaque année un thème de programmation étroitement lié au monde culturel dans lequel il évolue. Les évènements et tous les artistes – légendes vivantes mais aussi nouveaux talents – qui vont marquer la semaine sont ensuite sélectionnés en fonction de ses complicités (collaborations passées ou à venir, proximité du style d’écriture, même sensibilité…) et de ses influences directes ou indirectes, qu’elles proviennent d’autres genres d’expression artistique ou d’autres pays.

Le succès sans précédent, à la fois artistique et populaire, d’une quatorzième édition vouée toute entière à l’univers de Charles Aznavour, consacre plus que jamais la volonté d’ouverture des organisateurs et de l’ensemble des festivaliers. Il a permis en outre d’illustrer, d’une façon déterminante, l’adhésion des différents corps de métier axés sur l’écriture d’une mélodie ou d’un couplet à l’ensemble d’un projet culturel aujourd’hui nécessaire à la reconnaissance de cet art majeur qu’est la chanson d’auteur d’expression française.