Interview Mécènes Nuits de Champagne

Ford : on the road with Ford

Entretien avec Gérald Richard, Président




Votre avez créé le groupe Amplitude en 2002, et on peut dire qu'il porte bien son nom !

     Nous avons connu un beau développement, c'est vrai... Nous sommes distributeurs d'automobiles, avec 5 marques : Ford, Mazda, Kia, Volvo et Land Rover. Nous avons plusieurs activités au sein de nos concessions : vente de véhicules neufs, d'occasion, réparations mécanique, entretien, carrosserie, location de véhicules et vente de pièces de rechange. Nous sommes présents sur trois régions, six départements et douze sites (onze sites de concessions, et une carrosserie indépendante). Pour encore citer quelques chiffres, nous comptons 210 salariés, nous devrions réaliser un chiffre d'affaires consolidé de 100 M€ cette année 2008, en distribuant environ annuellement 3500 véhicules neufs et 2800 véhicules d'occasion. J'ai créé le groupe en septembre 2002, à Troyes, avec une concession à Troyes, une à Chaumont et une à Auxerre. Puis nous nous sommes développés en spirale autour de ce secteur, pour arriver à notre situation actuelle, où nos concessions les plus éloignées sont à Beaune, en Bourgogne et à Gien dans le Loiret. Notre politique de développement va sans doute ralentir ou marquer une pause en 2009, situation économique oblige, mais notre volonté est de continuer à nous développer pour atteindre une taille critique, à l'horizon 2012-2013, de 10.000 véhicules vendus (pour un peu plus de 6000 aujourd'hui).


Qu'est-ce qui a amené le groupe Amplitude à devenir partenaire des Nuits de Champagne ?

     Renault Star, alors dirigé par Daniel Vacelet, était un partenaire historique des Nuits, en mettant à disposition du Festival des véhicules pour les besoins techniques et le transport des artistes. Ce partenariat s'est arrêté avec le rachat de Renault Star par le groupe Schuller, à quelques semaines de l'ouverture du Festival, il y a quelques années déjà. Nous sommes alors intervenus bénévolement pour donner un coup de main, et dépanner le Festival. L'année suivante, ce premier contact s'étant très bien passé, nous avons reconduit plus officiellement ce partenariat en l'étoffant un peu. Quand, après trois ans de ce régime, le Festival nous a présenté son projet de mécénat, nous avons répondu présent. Nous étions déjà bien installés dans le Festival, ça nous plaisait, et ça correspondait bien à l'image que je voulais faire passer de l'entreprise. Le mécénat, qui présente certains avantages fiscaux intéressants, est une formule qui me convenait parfaitement.


En quoi justement cela vous correspondait-il ?

     Dans le domaine automobile, nombre de mes collègues, souvent pour des raisons historiques, ont plutôt été orientés vers des partenariats sportifs. Quand je suis arrivé à Troyes en 2000, j'étais inconnu et il a fallu que je fasse un peu connaissance avec les acteurs économiques locaux. J'avais chez moi des gens passionnés de foot, qui m'ont naturellement amené à l'Estac. Pendant 4 ans, nous avons ainsi été membre du Club Entreprise de l'Estac. Mais le domaine du foot n'était pas tout à fait ce que j'attendais pour notre image, et, en outre, tous les autres concessionnaires y étaient. L'exposition médiatique du Festival est très nettement supérieure que dans le foot, ou nous étions noyés dans la masse, sans réelle possibilité d'émerger, faute de moyens et d'envie... Je voulais plutôt inscrire l'entreprise, et notamment notre concession de Troyes, dans une démarche plus citoyenne en nous orientant à contre-courant de nos collègues. Je souhaitais me tourner vers le domaine culturel, un domaine qui me tient personnellement à cœur, car je suis amateur de musique, de culture et d'art. Et dans le même temps, je trouvais que la fenêtre médiatique qui nous était donnée autour du Festival était beaucoup plus intéressante et mettait beaucoup plus en valeur à la fois les produits de l'entreprise, et les hommes qui y travaillent. Inviter les clients aux Nuits de champagne, c'est une démarche différente, plus événementielle et plus gratifiante à mon sens ! Cela plaît beaucoup aux gens, puisque les Nuits sont un événement majeur de la vie troyenne (c'est d'ailleurs pour moi l'événement phare de la vie troyenne). La mobilisation du public est grande autour du Festival, l'intérêt des aubois est croissant et les places très convoitées !


Comment ce partenariat est-il perçu par l'interne et par l'externe ?

     En interne, les équipes ont tout de suite adhéré ! J'ai la chance d'avoir avec moi des collaborateurs relativement jeunes, ouverts d'esprit, volontaires et qui aiment s'investir dans ce genre de manifestation. J'ai dès le départ associé l'ensemble du personnel à ce projet, et nous avons tous travaillé sur la manière de gérer cette interface avec le Festival. Depuis le début, tout mon personnel est invité à participer, soit à des concerts, soit à des soirées spéciales comme la Fête ou à d'autres. Il y a eu donc une adhésion totale de l'entreprise sur le sujet. Mes salariés sont, je crois, beaucoup plus concernés par cette ouverture culturelle, qui a le mérite d'être plus fédératrice auprès de tous les acteurs de l'entreprise (femmes, hommes, jeunes et moins jeunes). Pour la clientèle, tant professionnelle que particuliers, cela a été assez nouveau, et elle a été immédiatement séduite par l'originalité du thème et par l'ambiance incomparable qu'il peut y avoir au Festival : accueil personnalisé, cocktail privatif, avec cet aspect un peu VIP, avec des affiches variées et toujours excellentes. Le Festival, c'est vraiment la possibilité de recevoir ses clients dans un autre cadre que le contexte habituel. Nous invitons environ 250 personnes à chaque édition.


Gérald, quels sont vos goûts musicaux ?

     Je suis très éclectique, cela va du classique que j'apprécie beaucoup, à toute la musique et la variété française et internationale des années 80 à nos jours. Pendant mes études, j'ai moi-même travaillé pendant 4 ans dans des discothèques, et j'ai baigné dans cette atmosphère musicale...J'aime beaucoup aussi tous les grands noms de la chanson française, Gainsbourg, Brassens, Brel... J'ai été ravi cette année de voir Bashung. C'était la première fois et c'est vraiment quelqu'un que j'apprécie. J'écoute aussi beaucoup Europe 2 dans la voiture, et j'aime bien la musique actuelle. En fait, la musique, les livres et le cinéma, c'est vraiment ce qui me plaît en dehors du boulot !


Y-a-t-il un ou des artistes que vous aimeriez voir à une prochaine édition du Festival ?

     Il y en a sûrement beaucoup, et qui ne me viennent pas à l'esprit immédiatement. J'aimerai par exemple revoir M, pour sa prestation scénique, j'avais été bluffé ! J'aimerais bien revoir aussi Jean-Louis Aubert, et des nouveaux, comme Renan Luce. Et puis, j'aimerai bien voir un jour Noir Désir... En fait, je fais confiance à l'équipe du Festival, car ce qui est magique dans le Festival, ce sont les découvertes qu'on peut y faire. Nous ne sommes pas à Paris, mais à Troyes, et nous avons donc beaucoup moins d'affiches qu'à Paris. J'ai découvert des artistes aux Nuits il y a quelques années, comme Cali, Benabar, Bertrand Louis, et bien d'autres, que nous ne serions sans doute pas allés voir spontanément. Au Festival, il est possible d'accéder facilement à tous ces nouveaux talents, ou talents méconnus, qui nous laissent toujours des souvenirs extraordinaires. Et dans la chanson française, aujourd'hui, il y a une vraie matière...


Propos recueillis par Bruno Rogowski
Novembre 2008