Interview Mécènes Nuits de Champagne
Alphamosa : nouveaux territoires de communication
Entretien avec Frédéric Copet, Directeur d'Alphamosa
Alphamosa, c'est ce qu'on peut appeler une web agency ?
Tout à fait. Nous réalisons pour nos clients des sites internet, des applicatifs web, avec une prestation d'hébergement et de maintenance. Nous avons également une activité de marketing direct, c'est-à-dire de production et d'envoi d'e-mails ou de newsletters, en proposant à nos clients des statistiques détaillées de consultation de leurs différentes campagnes d'e-mails. Alphamosa a été créée en 1986, et est basée à Arcis-le-Ponsart, à 30 km de Reims. L'entreprise emploie 13 personnes et réalise 1M€ de CA. Nous intervenons beaucoup en Champagne-Ardenne, et nous avons également des clients nationaux, voire internationaux, avec notamment la production de newsletters européennes multilingues.
Vous qui n'êtes pas aubois, comment avez-vous connu le Festival, et comment en êtes-vous devenu partenaire mécène ?
Alphamosa était au départ prestataire de services pour le développement et l'hébergement du site internet du Festival. Et même en tant que prestataire, nous avons toujours travaillé efficacement, en confiance, dans une relation basée sur les échanges et les rencontres avec l'équipe et Pierre-Marie Boccard, le délégué général du Festival. Avec le succès, l'explosion de la consultation sur le site des Nuits de Champagne a généré une augmentation sensible des coûts internet pour le Festival, devenir mécène a été pour nous une façon toute naturelle de soulager le Festival de ces coûts là. Mais ce n'était pas qu'une histoire de coûts ou de relationnel. Le projet Nuits de Champagne, qui tente de promouvoir la chanson française, ses acteurs, ses nouveaux talents et surtout ses « rencontres », c'est pour nous un projet qui en valait la peine, même s'il est loin de nos racines géographiques. Les valeurs du Festival rejoignent aussi mes propres valeurs. Cette démarche innovante et de qualité « hors Paris » et qui cherche à montrer la différence est aussi à l'image de que fait Alphamosa dans son propre secteur.
Vos équipes ou vos clients se sont-ils « appropriés » le Festival ?
Nos équipes ont une très bonne appréhension de l'événement, même s'il est vrai que la distance qui nous sépare de Troyes n'aide pas à nous y intégrer comme on pourrait le souhaiter. Un seul rendez-vous à Troyes nous « consomme » quasiment une journée. Les clients que l'on invite viennent aussi de loin, et cela fait vite deux heures de route, même pour nos clients parisiens. C'est encore un vrai investissement pour les gens de venir, avec les temps de déplacement, la fatigue... C'est dommage, mais ceux qui viennent finalement repartent vraiment ravis Cela peut paraître un peu bizarre, mais on continue à soutenir ce Festival alors qu'il est pour nous si loin.
C'est vraiment paradoxal, dans un métier où la distance est a priori complètement abolie !
C'est très vrai, mais même si nos outils abolissent les distances et raccourcissent le temps, je pense, et c'est dans le même esprit que le Festival, que rien ne vaut le contact humain, rien ne vaut la rencontre, le côté physique de la relation. Dans la vie, comme dans le business... Dans l'entreprise, nous essayons de nouer de vraies relations avec nos clients, et de les fidéliser plutôt que de chercher à toujours en conquérir de nouveaux. Et c'est vrai que cette démarche là n'est pas facile avec les Nuits de Champagne, par notre éloignement géographique, alors que nous en partageons les valeurs et que nous en apprécions le projet.
Le site internet des Nuits a beaucoup progressé ces dernières années...
En terme de croissance de consultation, c'est une évidence. Les gens s'accaparent le media au fil des années. Ecouter de la musique en ligne, c'est quelque chose de très courant, aujourd'hui. Je me souviens la première fois qu'on a mis un « juke-box » en ligne, on nous a dit « ça va ramer ». L'interface, le look, l'approche ont évolué, les internautes aussi, et aujourd'hui le site est devenu l'espace incontournable où l'on va se renseigner sur le programme, par exemple. Graphiquement, cela nécessite chaque année une adaptation au look de l'édition et à sa programmation ; on refait les fonds de page pour l'année en cours, et on archive les années précédentes pour que l'internaute garde un historique.
Comment pourrait évoluer ce site ?
On a mis déjà de la musique en ligne, on a intégré cette année une solution de billetterie en ligne, un vrai service pour le public des Nuits. La suite possible, c'est davantage de rich-media, c'est-à-dire par exemple des vidéos, qui pourraient être des extraits de spectacle, des interviews d'artistes, de choristes, de spectateurs, ...un journal quotidien d'actus du Festival, à la fois in et of, de ses coulisses...Bref, faire découvrir le festival autrement, par ceux qui le vivent, et de toutes les façons possibles . L'évolution du site peut aussi passer par l'intégration de forums, donnant la possibilité à l'internaute de devenir « interactif » avec le Festival. Ou un tchat avec certains artistes, par exemple.
Quels spectacles avez-vous vus ?
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L'an dernier, Vanessa Paradis et le grand Choral de Véronique Sanson, et cette année, le spectacle avec Bashung et Lavilliers. C'était extraordinaire, un de mes meilleurs moments musicaux de ces dernières années. Le son était très bon, et Bashung était vraiment super. C'est un concert que je qualifierais de « velours pourpre », un peu à l'image de certaines de ses ambiances d'éclairage. Et l'avant ou l'après spectacle de l'espace Partenaires, c'est vraiment « royal ». Vraiment très agréable. C'est dommage encore une fois que nous soyons loin, car il y a un bel esprit dans ce Club des partenaires.
Et vous aimeriez voir qui, pour une prochaine édition ?
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Polnareff, ce serait pas mal. Higelin aussi serait un bon « client », avec un univers riche et original.
Propos recueillis par Bruno Rogowski Novembre 2008
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