Louis Chedid
Eh oui, tout juste après avoir bouclé la superbe aventure du "Soldat Rose" et le film d'animation qui devrait sortir incessamment de cette comédie musicale, Louis Chedid a donc programmé son retour dans l'actualité artistique francophone à l'automne prochain et sa participation à la 23ème édition des Nuits de Champagne qui succédera tout juste à la sortie d'un nouvel album prévu à la rentrée... Et grande première pour l'aventure Nuits de Champagne, Louis Chedid a choisi de créer son nouveau concert dans le cadre du festival, après s'être installé en résidence troyenne la semaine précédente.
Comment ne pas se réjouir d'un tel scénario qui promet d'ores et déjà une édition à l'image de cet artiste : de la créativité poétique et musicale, un répertoire en or pour chanter ensemble et à coup sûr, une "vraie fête" avec ses amis artistes, nombreux, toutes générations confondues et très proches de ce véritable artisan de la chanson qui vit ce métier tel un compagnon du devoir avec simplicité, vérité et amour... tel qu'il nous le suggère dans ce titre générique qu'il nous a proposé pour fixer le cap de ce nouveau voyage en chansons que nous allons partager ensemble : "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime"...
Fêter Louis Chedid, c'est à nouveau rendre hommage à cette génération d'auteurs-compositeurs-interprètes révélés dans les années 70 qui a révolutionné la chanson française (les Souchon, Jonasz, Cabrel, Sanson...) et qui, arrivée aujourd'hui au sommet de son art, se situe au beau milieu d'une perspective historique qui va de Trenet puis Brassens, Brel, Gainsbourg, Ferré ou Nougaro à la génération des Bénabar, Biolay, Cherhal, Sanseverino et... –M–, bien sûr ! C'est aussi s'attacher à une famille d'artistes exemplaires, d'Andrée l'écrivaine à Mathieu la "pop-star"...
Mais c'est avant tout s'intéresser à l'univers d'un auteur sensible, juste et vigilant, toujours en phase avec son temps (le nôtre !) ; d'un compositeur inspiré, camouflant sous une apparente légèreté et une grande variété de rythmes la force du propos ; d'un interprète irrésistible, qui prend toute sa dimension sur scène où il établit une relation intime avec le spectateur.
Et malgré sa discrétion, cet artisan précieux aura jalonné ces trente dernières années de chansons inoubliables, de T'as beau pas être beau (rythmique chaloupée mais propos acéré) à God save the swing, d'Ainsi soit-il (toute une vie dans un court-métrage chanté) à Anne, ma soeur Anne (implacable réquisitoire contre le racisme), des Absents ont toujours tort (chanson définitive sur le désarroi des proches devant un suicide) à Chaque jour est une vie (éloge du « carpe diem »), sans oublier les musiques offertes aux amis Alain Souchon (On avance, Banale Song) ou Françoise Hardy (Moi vouloir toi) ni l’aventure du Soldat rose…
Un univers laissant présager un très beau programme, enrichi encore par le nouvel album que Louis prépare pour l’automne, serti à n’en pas douter de nouveaux bijoux... Et que dire du Grand Choral d’un artiste si riche et si généreux sinon qu’il atteindra probablement des sommets d’émotion et d’intensité ?
Alors vivement octobre, que l’on puisse dire à Louis Chedid à quel point on l’aime !
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